F.A.Q. fr.rec.photo - D -


D - Le développement


D1 - Généralités
C'est quoi C41 ? C'est quoi E6 ?
C'est le code de deux chaînes de traitement couleur, les plus utilisée actuellement.
C41 pour traiter des négatifs, E6 des diapositives. On peut inverser les traitements pour des effets très tendance... (traitement croisé).

Pourquoi développer soi-même ses films ?
Les labos "grand public" prennent un soin tout relatif des films, les chimies sont usées le plus possible histoire de rentabiliser, le noir et blanc représente un volume trop faible pour y avoir une qualité un peu correcte. D'autre part développer soi-même ses films noir et blanc n'est pas si compliqué que ça. C'est même très économique. Pour la couleur et les dias c'est un peu plus délicat, notamment au niveau du contrôle de la température.

Pourquoi confier ses films à un labo ?
Tous les labos ne sont pas pourris. Si on a un bon labo, on peut toujours avoir la flemme de l'étape assez peu passionnante qui consiste à remuer une foutue cuve toutes les 30s. Parce qu'un bon labo qui ne fait que ça a finalement une bonne expérience et que dans ce cas on peut avoir de bon résultats.

Autre argument pour le labo :
Les labo de façonnage (grand public) ont des chimies aux petits oignons, avec contrôle, on régénère, et on récupère l'argent (métal) au passage, puisque en principe il reste presque plus d'argent sur les films et papier couleur après traitement, tout est dans les bains (contrairement au N&B), en couleur l'argent sert à initier la réaction chimique (image latente et coupleurs), après il reste que les colorants.

Pourquoi les labos pros sont si cher ?
Parce que si on développe correctement il faut simplement passer un peu de temps sur un film, payer des techniciens qui travaillent correctement. Pour développer un film je pense qu'il faut au minimum 1/4 d'heure de travail, comptez ça au tarif de votre garagiste, vous verrez ce que ça donne. Pour les tirages papier, ben c'est pareil.

Ou faire développer l'Agfa Scala ?
Un seul labo en France :

Arka Lab, 52 rue Notre Dame des Champs
75006 Paris.
Tel : 01.43.25.79.72.

Peut-on développer la Kodachrome ailleurs que chez Kodak ?
Apparemment kodak se met à distribuer un minilab K64. Donc on va peut-être pouvoir la développer ailleurs. Sinon aux états unis elle n'est pas vendue avec le développement compris. Ne pas oublier de les développer là bas, en France ça sera plus délicat.

Comment faire des dias en noir et blanc ?
Soit l'Agfa Scale, soit avec de la pelloche noir et blanc et un kit d'inversion. Le principe consiste à :

  1. Exposition
  2. Premier développement, l'image est négative
  3. Blanchiment et clarification, l'image argentique négative est dissoute et éliminée
  4. Seconde exposition
  5. Second développement, l'image est positive
Extrait de la page de Claudio Bonavolta sur les diapositives noir et blanc.

C'est quoi à bain perdu ?
La chimie est jetée après une seule utilisation. C'est recommandé pour le développement des films : en effet une chimie usée ne réagit pas pareil qu'une neuve, et comme on recherche la constance dans les résultats, une chimie neuve à toujours la même concentration en produits actifs. Les labos sont censé régénérer leur bains, mais plus ils le font mieux, plus c'est cher. A noter toutefois que le fixateur film peut servir pour plusieurs bobines sans problème.

C'est quoi les traitements croisés ? Comment le faire faire ?
C'est développer des dias dans de la chimie pour négatif couleur et vice-versa.

C'est quoi l'IE,
L'indice d'exposition.

Quelle est la sensibilité réelle des films ?
On s'en fout. Plus sérieusement la sensibilité d'un film est déterminée d'après une procédure décrite dans la norme ISO. Mais ce n'est que moyennement important. L'important c'est que la sensibilité à laquelle on utilise un film et le développement qu'on lui fait subir donne de bons résultats. Ceci dépend de tellement de facteurs (à commencer par la précision de la cellule utilisée, de celle du diaphragme, de l'obturateur, de la formule du révélateur, du thermomètre, du récipient, de la façon d'agiter...) que chacun devrait étalonner son traitement. En pratique sauf pour des cas particuliers, on s'éloigne rarement de plus d'un diaph de la sensibilité officielle du film. Sauf la TMAX 3200 (TMZ) qui est de notoriété publique une vraie 800.

D2 - Matériel et chimie ?
Quel matériel faut-il pour développer ses films en noir et blanc ?
Patrice Motte nous indique :

- une cuve avec deux spires porte-négatif.( PATERSON, JOBO...)
- un thermomètre précis au demi-degré. L'idéal est un thermomètre à
mercure, gradué de 15 à 45°C, d'une précision de 0,2°C. En N&B, un
thermomètre à alcool, moins cher, est cependant suffisant.
- un entonnoir.
- quelques flacons de 500ml et 1litre pour stocker les solutions.
- une paire de ciseaux pour couper l'amorce du film.
- un décapsuleur à bouteille(modèle simple en fer plat) pour ouvrir les
cartouches 135.
- deux éprouvettes graduées de 500ml
- une éprouvette graduée de 50ml
- un essuie-mains.
- un chronomètre. Le chrono d'une simple montre numérique suffit.
- une pince essoreuse. (mais on peut utiliser ses doigts !)
- une pièce "noire" pour charger les films sur les spires. WC ou salle
de bain peuvent être adaptés provisoirement avec des moyens simples.
- un endroit propre et calme pour suspendre les films pour séchage.
- des pinces pour suspendre les films
- des lests pour tendre les films suspendus.
En couleur ? En Diapo ?

Quel révélateur choisir pour le noir et blanc ?
Là le choix est extrêmement délicat, tellement délicat que certains passent leur temps à tester des révélateurs par pur plaisir. On dira pour commencer le plus simple c'est le Kodak D76 ou Ilford ID11. Ce sont les révélateurs qui ont fait leurs preuves et dont le résultat est sans surprise. On peut noter chez kodak la bonne réputation du nouveau Xtol, qui est moins polluant. On fera attention pour la Tmax. Elle est développable dans du D76, mais certains semblent avoir des pb. Le révélateur TMax de chez kodak est spécialisé pour cette pellicule, mais il est plus cher. Le Xtol semble donner d'excellents résultats.

Quel fixateur choisir ?
Un fixateur standard.

L'eau du robinet est-elle bonne ?
Il semblerait que les produits chimiques contenus dans l'eau de ville n'interfèrent pas avec ceux contenus dans les produits photos. Néanmoins certains préfèrent utiliser de l'eau déminéralisée. Ce qui est sûr c'est que pour le dernier rinçage, une eau calcaire laissera des traces sur la pelloche.

Autre solution:
Pour le dernier rinçage, de l'eau de source (tout petit prix) limite le problème avec un petit peu d'agent mouillant (pour régions très calcaire), déminéralisée c'est mieux (mais plus cher).

Est-ce intéressant de fabriquer sa chimie ?
Financièrement pas trop car les produits de base sont vendus en gros.

Faut-il des spires métal ou plastique ?
Les spires plastiques sont relativement faciles à utiliser, on enfile le film par l'extérieur. Bien faire attention à ce qu'elles soient bien propres, bien sèches, et que les deux billes en inox bougent bien.
Les spires métalliques sont réputées inusables, mais le coup de patte pour mettre la pelloche n'est pas le même, elle se mettent à partir du centre de la spire.
Bref, chacun préfère "Sa" spire.

Comment conserver ses produits ?
Vaste question.
C'est surtout le révélateur qui est directement influencé par la lumière, l'oxygène de l'air, la phase de la Lune. On le stockera donc à l'abri de tout ça, ce qui impose une bouteille opaque et souple. Pour chasser l'air d'une bouteille en verre, on peut utiliser des billes, mais au risque d'avoir plein de micro-éclats de verre dans la solution (cas vécu)
Une bonne alternative serait les bouteilles de lait, opaques à la lumière, souples, avec un gros bouchon vissant. Bon, faut boire du lait.

Comment savoir qu'un fixateur est périmé ?
Le temps de clarification d'un film doit être dans la norme, et doit être à minima la moitié de la durée totale de traitement dans le fixateur.
En gros, on prend une amorce de film, on la trempe dans le fixateur et on agite de temps en temps jusqu'à ce qu'elle soit claire (transparente).
Plus simplement, une étiquette sur le bidon, et une coche à chaque film.
Au bout de "X" coches (indiquées sur la notice du fixateur) : Evier.

Peut-on utiliser des produits ou du papier périmé ?
A ses risques et périls. AMHA seul l'usage de papier périmé peut s'envisager, avec les déceptions et restrictions d'usage. Faut être particulièrement gonflé pour oser développer un film avec de la soupe hors d'âge.

D3 - Technique ?
Comment ouvrir une cartouche ?
Décapsuleur. Attention à ne pas se couper.

Comment récupérer l'amorce ?
Acheter un outil qui va bien, lire le mode d'emplois :)
La méthode Dymo (par Claudio Bonavolta)

- tourner l'axe de la cartouche jusqu'à ce que tu entendes un léger déclic
(l'amorce vient de passer devant l'ouverture)
- faire encore 3/4 de tours
- glisser env. 3cm de bande dymo (sans la feuille de protection !) dans
l'ouverture du côté opposé à la grande partie de l'axe (bref, du côté de
l'amorce ...)
- tourner l'axe de la cartouche dans le sens inverse, ça plaque le film contre
la surface collant de la bande Dymo
- retirer la bande Dymo et l'amorce qui vient avec ...
Pendant que j'enroule le film sur la spire, ca bloque pourquoi ?
80% des problèmes d'enroulement de film sont dus à la spire. Spire sale, humide. Un 36 poses doit entrer dans une spire propre rien qu'en le poussant. Si, si.
LE seul film qui a le droit de poser problèmes est celui à base mince Estar (IR, TP 2415), c'est un des seuls qui m'en ait fait un peu baver dans le noir.

Mes TMAX sortent toutes roses, elles sont foutues ?
Meuh non.... un peu plus de fixage et de lavage et hop !!
De façon générale, les Tmax se fixent presque le double de temps que les pelloches classiques.

Mes négatifs sont bleutés normal ??
Manque de fixage, tenter un refixage + relavage.

Est-ce que le traitement poussé modifie la sensibilité du film ?
Non !! Il modifie le contraste. Plus on pousse plus on a de contraste, Pour augmenter la sensibilité,
un petit texte contribution de Patrice Motte dans les news.

Le prémouillage pour ou contre ?
Des fois c'est utile, des fois ça rassure :).

Quels temps pour de la HP5 ?
Plus ou moins celui de la notice technique. La notice technique se trouve soit chez votre revendeur, soit, puisque vous êtes là sur le web, sur les sites des fabricants. Ne pas oublier que les temps de développement peuvent varier suivant ce que vous aimez et la façon dont vous travaillez. Donc prenez les indication comme base, modifiez ad libitum.

Quand et comment agiter ?
Quand la notice du révélateur l'indique.
La méthode la plus classique : Le retournement de cuve (à condition que celle-ci le permette).
Il faut que ça devienne une routine, soit X retournements en Y secondes.
Une autre méthode est la rotation, mais là faut y aller mollo sous peine d'avoir de très désagréables traces noires sous les perforations.

Pourquoi tapoter ?
Pour enlever les bulles qui se collent contre la pelloche et occasionnent des zones non développées. Pas la peine de taper comme un sourd, au risque d'exploser la cuve...

Nettoyer un négatif ?
On peut utiliser soit un spray par exemple celui de chez TETENAL : FILM CLEANER SPRAY, c'est un produit nettoyant qui élimine les traces de doigt et autres impuretés. Sans CFC (ne détruit pas la couche d'ozone). Contenance 400ml. Article n°105198.
Ou soit la façon la plus économique mais un peu risqué (griffe), tremper le film dans l'eau ensuite le frotter avec une peau de chamois puis le passer d'un agent mouillant (style Agfa Agepon) puis faire sécher.
(Contribution Yves Franquet dans les news)

D4 - Tirage, séchage.

Agrandisseur à 1500 F chez bidule : ca vaut le coup ?
Pas vraiment. Compter que le prix d'un objectif 50mm de bonne qualité est de 1800FF neuf, 1000F d'occasion, faites la soustraction, regardez ce qu'il reste pour l'agrandisseur. Cela dit c'est mieux que rien, mais dès qu'on va passer sur des tirages un peu grand les problèmes vont apparaître très vite.

Optique agrandisseur ? Est-ce important ? les meilleurs ?
Oui. C'est quand même un instrument qui "agrandit" et qui donc amplifie les défauts. Trois marques se partagent le marchés du haut de gamme : Schneider, Rodenstock et Nikkor. Attention chaque constructeur à sa gamme, avec des objectifs plus ou moins bons. Les bons ont 6 lentilles. Les excellents sont APO (pas vraiment utile en n&b). Chez Schneider, la gamme Componon, chez Rodenstock la gamme Rodagon. Chez nikkor je ne connais que les EL.

Différence agrandisseur N&B et couleur : lumière condensée versus lumière diffusée !
Un agrandisseur couleur doit pouvoir fournir de la lumière de différentes couleurs, et ceci précisément à l'aide de filtres. Un tête couleur fonctionne généralement avec une boite à lumière qui produit une lumière diffuse qui est ensuite filtrée. Une tête noir et blanc est généralement avec un condensateur, qui produit une lumière plus directionnelle. La lumière diffuse produit des images moins piquées, plus douces que la lumière condensée.
Avec une tête couleur, on utilise les filtres jaune et magenta pour faire du multigrade.

Une lampe inactinique, c'est quoi ? C'est forcément rouge ?
C'est une lampe dont la lumière ne fait pas réagir le papier photo noir et blanc, et les films orthochromatiques. Autrefois rouge, il en existe aussi de vertes, mais avec les papiers standards, les deux marchent convenablement. Pour savoir si votre éclairage est vraiment inactinique : prendre un morceau de papier, en cacher la moitié, exposer l'autre moitié genre 5 10 15 20mn. Normalement il ne devrait pas y avoir de différences au moins pour 10 à 5 minutes.

Différence RC / baryté ?
Le papier RC "Resin Coated" est un papier recouvert de résine puis d'émulsion. La chimie agit plus vite, le papier ne gondole pas, le rinçage est rapide. Le papier Baryté FB "Fibre Based", reçoit une sous-couche à base de Baryte. Il n'est pas imperméable, la chimie agit plus lentement, le rinçage est long, le papier gondole, mais... c'est tellement plus beau. Plus sérieusement le papier Baryté à une meilleure réputation de qualité de gris que le RC, mais le RC s'améliore de plus en plus. Par contre seul le Baryté permet de faire des tirages qui se conservent très très longtemps (avec virage si nécessaire).

Papier baryté : séchage ? Glaçage à froid, comment ?
Le gros problème du papier baryté c'est qu'il gondole au séchage, voire pire. La vraie solution, c'est la presse à chaud, mais bon c'est cher. On peut remplacer la presse à chaud par une presse à froid. Les modèles les plus abordables sont constitués par : une pile de livres, des enceintes, (moins lourd que le papier à volume égal, mais permet aux photographes illettrés d'aplatir leurs tirages f.g.), bêtement deux planches, des serre joints (ou une vis à chaque coin, avec un beau papillon). Il faut quand même compter un ou deux jours comme ça.
Reste le problème du séchage : f.g. vous conseille d'égoutter en collant le dos sur le carrelage de la salle de bain, et d'attendre comme ça 10-15 minutes (après ça se casse la gueule par terre) mettre le dos sur une glace ou une vitre, de passer délicatement une éponge propre pour enlever les gouttes qui ont deux effets : dépôt de calcaire, et séchage plus lent qui fait une belle bosse. Là le mieux c'est de ne pas mettre trop au chaud, bref l'été pas dans la véranda.
On peut remplacer le verre par des claies.

Stéphane vous conseille :
Achète une vitre épaisse (environ 5mm) de taille plus grande que tes tirages. Achète du papier gommé en rouleau (dans tous les magasins de bricolage) Place ton tirage encore humide sur la vitre, enlève le trop plein d'eau avec une raclette (un balai d'essuie-glace de voiture marche très bien). Colle sur tous les bords le papier gommé. Laisse sécher au moins 24h. Découpe au cutter le papier gommé en bordure du tirage. C'est plat.
Heu la glace l'épaisseur je pense qu'une fine ça marche aussi (f.g.).

Yves Franquet vous conseille :
1) le fer à repasser (pas trop chaud)
2) le produit H3 d'Amaloco (c'est la solution que j'utilise), simple d'utilisation et économique : tu plonges ton papier, après ton lavage final, dans un bain composé du H3 et d'eau pendant 3 minutes, tu laisses sécher à plat d'où un papier plat!
Pour la France??? L'importateur pour la Belgique : WIVASIMEX, Kortenhoekstraat, 93 - 9300 Aalst - Tél. : 00 32 53/ 77 34 79 Fax : 00 32 53/ 78 36 24.
Pour plus de renseignements : AMALOCO B.V., Nieuwelandstraat, 7 - 7731 TH Ommen - Pays-Bas

Patrick Oury nous propose une autre méthode :

J'ai fabriqué une petite presse (2 plaques de contreplaqué 40x50 épais de 22mm 
percées aux quatre coins, reliées entre elle par des tiges filetées et des
écrous papillons).
je me suis muni d'une quinzaine de cartons gris de mêmes dimensions.

Après la séance de tirage:
- laisser sécher quelques heures et se gondoler à souhait les beaux barytés,
- humecter légèrement (mais complètement) avec un sopalin passé sous le
robinet le dos d'un tirage (pour assouplir les fibres et éviter les
cassures)
- positionner le tirage humecté au dos entre deux cartons,
- idem avec le tirage suivant,
- je me retrouve avec des tirages ré-humidifiés au dos entre des cartons.
Je positionne ce "mille-feuille" entre les planches de la presse, et je sers
les écrous papillons bien fort (ouille les doigts).
- je laisse mijoter quelques jours (d'un dimanche à l'autre par exemple)
- je défais le mille feuille et oh ! miracle, les barytés sont bien plans et
lisses... voili, voilou...

Autre question : Nan, ça colle pas : je ne ré-humecte que le dos du tirage
(coté blanc), en faisant attention de ne pas mettre une seule goutte sur le
coté émulsion. Et puis humecter ne veux pas dire détremper : le passage du
sopalin est léger, et la fibre du papier absorbe l'humidité avant mise sous
presse: c'est juste pour faciliter la mise à plat "mécanique" et pas risquer
de marques liées aux cassures de fibres.

Question sur le tirage : masquage ? Comment le rendre discret ?
Le masquage consiste à modifier la durée d'exposition du papier dans certaines zones. Si on ajoute de a lumière, on dit faire venir, sinon on dit retenir. Pour ajouter de la lumière on travaille à priori avec un carton muni d'un trou, pour en supprimer on travaille avec un petit cache (Qu'on fixe au bout d'un fil de fer).

Quant on travaille sur la moitié de l'image, il est difficile de savoir si on fait venir une des moitiés ou si on retient l'autre :)

Si on veut travailler sur de petites zones, en général on a un assortiment de cartons percés, et de petites pastilles de forme assez ronde. On les agite doucement à quelques centimètres au-dessus du papier. L'agitation permet de ne pas avoir de bords nets, de même que l'élévation qui permet d'avoir une ombre aux bords pas trop net. Attention un tout petit trou très loin du papier n'est pas très efficace, il vaut mieux un plus grand trou plus près.

Quand la zone est grande, soit on promène notre masque standard sur toute la zone en essayant de le promener le même temps partout (et ça c'est loin d'être facile), soit on crée un cache spécifique. Pour créer un cache, il faut découper suivant le contour de la zone à masquer. Le contour doit être plus petit (vu que le masque est tenu à une certaine hauteur). Plutôt que de modifier le réglage de l'agrandisseur, le plus simple est d'empiler une ou deux boites de papier sur le plateau et de dessiner avec cette hauteur supplémentaire. Si c'est flou c'est pas grave, le masquage n'a pas besoin d'être si précis.

Pour les temps de masquage, il faut faire des essais. Il faut garder en mémoire que si votre temps est par exemple de 10s ajouter 10s fera monter de un diaph. Mais si votre temps de base est 30s, il faudra ajouter 30s pour monter d'un diaph.

Enfin ne pas se décourager, c'est une question d'expérience, et même sur certains tirages de Sieff, on la voit la marque à la base du ciel...

Question sur le tirage : faire monter les ciels ?
Soit par masquage, soit par prévoilage : si le ciel est blanc, on expose toute la feuille de façon à la griser un peu. Le problème est que ça fait baisser le contraste dans le reste de la photo.

Tirage N&B à partir de films couleurs : c'est possible ?
Oui, mais un papier standard noir et blanc ne voit pas le rouge, donc une partie des infos est perdu. Ça donne des tirages un peu mous. Le mieux dans ce cas est de prendre un papier spécial (Kodak Panalure, difficile à trouver) qui est panchromatique. Par contre il faut travailler dans le noir complet.

Temps de fixage ?
Ça dépend de la concentration. Ça dépend de si on fait un simple ou double fixage. Ça dépend du fixateur. Disons qu'avec des concentrations standards on tombe sur des temps entre 1minute 30 et 3mn pour du baryté. (Pour le RC la question se pose moins). Certains préconisent un fixateur plus concentré, pour un temps de fixage plus court comme ça le papier il ne s'imbibe pas de fixateur. Voir les docs techniques chez les fabricants.

Temps de lavage ?
Un quart d'heure pour le rc, une heure en eau courante pour le FB. Il existe une quantité impressionnante de recettes pour le lavage d'archivage sur le réseau.

Les anneaux de Newton ? Comment les éviter ?
Ils proviennent d'interférences lors du contact de deux surfaces lisses : le négatif côté opposé à la gélatine et la glace porte négatif. On a donc des traces de cercles sur les tirages. Pour les supprimer, il faut qu'une des deux surface ne soit plus lisse. Comme il est hors de question de modifier le film, on prend une glace anti-newton, qui n'est pas lisse.

Le liseré noir autour des photos pleins cadres. Comment faire ?
Première méthode, sauvage : limer le passe-vue pour faire apparaître le tour de l'image.
Deuxième méthode, plus civilisée : un carton qui fait 1mm de moins que la taille de la photo. Après exposition, on retire le passe-vue et on pose le carton en butée dans le coin haut-gauche du margeur (à lames, évidemment). Exposition de 5 secondes. Ensuite on cale le carton en bas à droite du margeur et hop, deuxième exposition de 5 secondes. On a un beau filet noir.

Le procédé cibachrome : c'est quoi ? Commence ca marche ?
Maintenant c'est Ilfochrome. C'est très beau, pas facile à faire et au-delà de mes compétences (p.p.)

D5 - Repique.

Elimination des poussières, ça fonctionne indifféremment sur du RC ou du baryté.
Ze produit miracle, c'est pour moi le Gris-Film 8050 de Pébéo. Autrefois vendu en flacon de 45 ml
on avait de quoi tenir plus de 10 ans sans aucun problème. De plus, le produit séché peut resservir...

Sinon, voilà LA méthode pour repiquer correctement ! 

- Un pinceau en poil de martre, 00 ou 000. Cher, mais top.
- Un mouchoir en papier plié en 4.
- Une lampe de bureau, qu'on mettra à 45° devant soi.
- Un tirage à pétouilles, of course.
- Une petite goutte de Gris-film, qu'on aura mise sur le dos d'un tirage RC
échappé de la poubelle.
- Un godet avec de l'eau.

En option :
- Des gants cotons (pour éviter de laisser des marques sur les tirages).

Ze méthode !

- Bon, on allume et on dispose la lampe devant soi, au Nord-Ouest si
on est droitier, Nord-Est si on n'a pas de chance.

- On dilue la p'tite goutte de Gris-film en faisant une grosse traînée gris
clair (en fait, ça va faire un dégradé, du noir au gris très clair).

- On fait gaffe à ce qu'il ne reste pas de noir pur sur le pinceau, le rincer
au besoin.

- Prendre un peu de Gris-Film dilué avec le pinceau.

- Sécher le pinceau en le promenant délicatement, et à plat, sur le
mouchoir en papier. C'est très important. Ne pas avoir peur.

- S'approcher de la pétouille à faire disparaître, on peut maîtriser
exactement le point d'impact du pinceau grâce à l'ombre formée par
l'éclairage généreux fourni par la lampe. Hé hé... Très efficace, ça.

Là, deux méthodes divergent.

- Soit on "étale", soit on "pointille". A voir, en fonction de son niveau de
confiance, et de son tremblement naturel.

EN AUCUN CAS, on ne doit déposer une goutte d'eau. Sinon, c'est que le
pinceau n'est pas assez asséché. C'est du pigment qu'on dépose, pas de l'eau.

Si c'est trop clair, recommencer. L'addition des passages successifs
donnera un gris plus foncé. De plus, mieux vaut assombrir en plusieurs passes
que de gâcher la photo par un pâté trop noir...

Penser à respirer de temps en temps... C'est important aussi.
Bon courage !


D6 - Et le tirage couleur, alors ?

Claudio nous explique pas mal de choses :

La plus grande différence est que les papiers couleurs sont sensibles à tout
le spectre donc, hormis quelques éclairages inactiniques spéciaux pour couleur
avec lesquels on ne voit à peu près rien de toute façon, c'est le noir absolu
dans le labo...
Autre particularité, il faut sécher le papier couleur pour qu'il ait son
aspect définitif avant tout jugement, les bouts d'essai prennent bien plus de
temps...
Cuvettes: c'est théoriquement possible mais, pratiquement, à oublier (noir
absolu pendant tout le traitement, maintien température difficile et agitation
aléatoire...).
L'Ilfochrome est plutôt facile sur le plan température et peut se développer à
basse température dans un simple tambour (étanche à la lumière, ce qui te
permet d'allumer l'éclairage pendant le traitement) que tu fais tourner
manuellement sur une table, ceci dit, c'est fastidieux.
Il existe des petits moteurs pas trop chers, c'est déjà mieux.
Mais pour que ce soit agréable, je te conseille une développeuse, il en existe
plusieurs types :
- tambour tournant dans un bain-marie, genre Jobo (CPE-2, CPA-2, CPP-2, ATL,
...) où tu mets le papier une fois exposé dans un tambour (il y en a de toutes
les tailles jusqu'au 50x60) et tu peux ensuite allumer la lumière pendant son
traitement.
Accessoirement ces machines te permettent de développer les pellicules couleur
mais aussi N/B (je suis paresseux, la machine s'occupe de l'agitation, pendant
ce temps je fais autre chose...).
Les cuves Jobo de la série 1500 peuvent s'allonger en ajoutant des modules et
par exemple avec un CPA ou CPP-2 tu peux développer jusqu'à 8 films
simultanément. En couleur, c'est appréciable, les traitements étant
standardisés (E-6 pour dis et C-41 pour négas).
Le principal inconvénient de ce type de processeur est qu'il faut laver/sécher
le tambour entre deux développements, c'est long. Solution, avoir plusieurs
tambours, mais au prix du plastoc chez Jobo, aïe...
http://www.jobo-usa.com (Jobo est une firme allemande mais le site US est
mieux fait...)
Et une petite description perso :
http://www.bonavolta.ch/hobby/fr/photo/cpa2.htm
Les CPE-2 se trouvent assez facilement d'occasion, les CPA/CPP, plus
difficilement.

- des cuvettes verticales thermostatées, genre Nova (http://www.novadarkroom.com).
 Elles ne servent qu'au développement de papier mais permettent un plus grand
 débit que les tambours, c'est assez proche du N/B.
Inconvénients : noir absolu et formats de papier limités à la taille de la
machine, si tu veux faire plus grand, il te faut une autre machine...
  Autre sujet d'agacement : le cours du plastoc est aussi élevé chez Nova que 
chez Jobo...  :-((
- traitement linéaire, ce sont des machines entièrement automatiques qui 
entraînent le papier avec des rouleaux d'une cuve à l'autre. Des exemples chez
Durst avec les modules Printo (http://www.durst.it), chez Fujimoto avec les
CP-31, 32 et 51, chez Printlab et j'en passe (Jobo US distribue ces firmes aux
USA, leur site donne une bonne description).
  Ilford en a eu commercialisé à une époque et on m'a prêté une ICP42 capable de
sortir un tirage sec à sec en 15 minutes, ça m'a permis de faire une dizaine
de tirages 30x40 en une soirée, c'est vraiment agréable, on a de la peine à
revenir à ses tambours...
  C'est du matériel semi-pro et franchement hors de prix...
- au-delà, il n'y a pas beaucoup de limites. On trouve des minilabs d'occasion 
pas forcément cher, mais c'est pas simple de les caser dans la salle de bain
sans déclencher une demande de divorce immédiate...

 Je sais que le controle de la température doit être plus fin, c'est la seule différence ?

Une tête couleur ou, au moins, un jeu de filtres couleur (Ilford en
commercialise pour l'Ilfochrome) pour varier le filtrage.
Le noir absolu pendant l'exposition, voir pendant le traitement selon la
méthode utilisée.
Le filtrage est un élément en plus à maîtriser et il dépend de pas mal de
facteurs :
- type de dia/néga à agrandir, une Elite Chrome 100 demandera un filtrage
différent d'une Provia 400.
- lot de papier. Après essais, note le filtrage que tu as pour une dia/néga
neutre (un portrait est un bon test pour la couleur), chaque pochette de
papier couleur a un filtrage indiqué sur la pochette. La différence (après
conversion éventuelle entre les unités de filtrage pas identiques d'un
fabriquant à l'autre ...) est le filtrage de base de ton agrandisseur. Lorsque
tu achèteras une nouvelle pochette de papier, il te suffira d'ajouter ce
filtrage de base à celui de la pochette (et encore une conversion d'unités...)
 pour tomber sur un filtrage proche du correct.
- âge de l'ampoule. Ben voui, une ampoule à incandescence devient plus rouge
en vieillissant. Les halogènes se comportent mieux, c'est la raison de leur
succès dans les têtes couleur.
- fluctuations du secteur électrique. Plus la tension secteur est basse, plus
la lumière devient rouge et inversément. D'où la stabilisation de tension pour
certains agrandisseurs.
- vieillissement des filtres. Les filtres dichroïques des têtes couleur se
comportent très bien sur ce plan, les filtres teintés dans la masse, moins.

- effet Schwarzschild. Pour les poses longues, le temps doit être majoré
 au-delà de ce que voudrait la logique mathématique et, en couleur, cet effet
n'est pas identique pour les diverses couches sensibles aux différentes
couleurs, d'où une variation de teinte au final. Dans la pratique, c'est peu
gênant, les temps de pose sont généralement proches.
- je dois probablement encore oublier quelque chose...

Quelques conseils :
- limiter les tirages couleur aux "photos du siècle"
- limiter le nombre de formats de papier au minimum, pas la peine de faire du
10x15, c'est pas rentable. Perso, c'est du 30x40, point.
- limiter les procédés. Le contraire conduit à la multiplication des pochettes
de papier et chimies, avec pas mal de gaspillage à l'arrivée.
- limiter les types de pellicules. Ca simplifie grandement le tirage...
- regrouper ses "photos du siècle" et les traiter par lots. Ca permet
d'utiliser des produits frais, des pochettes de papier du même lot de
fabrication et d'acquérir une "routine" lors du traitement qu'on perd quelque
peu entre les séances.
Perso, je limite le néga couleur aux photos peu importantes destinées à finir
en tirage papier industriel. Dès que l'image commence à compter, c'est de la
dia que je développe puis tire moi-même, ça me permet de gérer tout le
processus de A jusqu'à Z.

Un objectif APO, c'est obligatoire ou on peut débuter sans trop de galères avec un
objectif n&b classique ? (Rogonar 50/2.8)

Si le Rogonar te satisfait en N/B, il te satisfera en couleur aussi.C'est
certainement pas le top chez Rodenstock, mais c'est pas de la m. non plus.
Après, tu peux toujours faire mieux, ce n'est qu'une question de budget.
Voilà, ça paraîtra certainement compliqué mais pour rassurer, j'ai
commencé avec le simple tambour qu'on fait rouler sur la table et du
Cibachrome avec des résultatstout à fait acceptables et déjà bien au-dessus de
ce qu'on reçoit généralement des labos industriels.
Le reste, c'est d'abord du confort, et il coûte assez cher...


La suite... Le début...


Valid HTML 4.01!