F.A.Q. fr.rec.photo - C -

C - Prise de vue : la technique


C1 - Fourre tout
Comment photographier un coucher de soleil ?

Comment photographier la lune ?

Attention photographier la lune et photographie à la lumière de la lune c'est pas pareil. Dans le premier cas, il faut simplement savoir que la lune est un objet éclairé par le soleil, et que comme tout autre objet dans ce cas la règle des f/16 ou f/11 s'applique.
Dans le deuxième cas voir réponse suivante.
Comment photographier la nuit ? Sans flash ?

Comment photographier la neige ?
Il faut surexposer en effet la cellule de l'appareil expose comme si la neige était un gris neutre. Donc pour qu'elle ait l'air blanche, ben il faut ajouter de la lumière. Suivant les cas entre 1 et 3 diaph.(Attention au mode de mesure qui s'il est perfectionné va prendre plus ou moins en compte la complexité de la scène.). On peut aussi prendre sa lumière sur la chose à photographier (mesure spot, ou se déplacer jusqu'à ce que la chose soit plein cadre) à condition évidemmment qu'elle soit dans les gris neutres.

Comment photographier sans mettre au point ?
Ben hyperfocale !!!

Comment photographier un monument ?
Ben si vous avez assez de recul, il vaut mieux une focale pas trop petite. Sinon la perspective va souffrir. Sinon on conseille aux possesseurs de grand angle de se mettre près du sol.
Pour éliminer les touristes, à part une alerte à la bombe (mais si elle élimine les touristes, elle attire les pompiers, policiers..), on peut conseiller les poses très longues, les objets en mouvement ne devraient pas apparaitre (sauf si les touristes font la sieste mais bon.).
Un détail génant, en France, les architectes bénéficie d'un droit sur l'exploitation des bâtiments qu'ils ont construits. Et oui... Les éclairages peuvent être aussi déposés, voir la Tour Eiffel.
Un autre détail, certaines municipalités demandent un permis pour photographier soit avec un pied soit "professionnellement". Pour un simple employé municipal ou de police, ben quand on a un pied on est un pro. (Je vous dis pas si vous vous balladez avec une chambre...).

Comment photographier les étoiles ?

Comment avoir un beau ciel bleu ?

Lorsque le ciel est bleu et fait partie de la composition : prendre une mesure Spot sur le ciel, juste au dessus de l'horizon, garder l'expo en mémoire, recadrer, et déclencher.(Contrib Ben dans les news)
Sinon, un
polarisant.

Comment photographier un feu d'artifice ?
Didier Brunel écrit dans les news :

En tant qu'artificier et amateur photo j'ai souvent eu l'occasion de prendre plusieurs spectacles. Personnellement je ne m'interesse qu'aux artifices et pas trop au cadre.
Pour le rendu des couleurs je préfère les diapos. J'utilise du sensia 100 ou 200 suivant la densité de pièces que je vais prendre. Focale inférieure ou égale à 50 mm (je suis à 200 mètres des mortiers). Pour du 200 asa l'ouverture va de 11 (peu de bombes) à 16 ou même 22 pour les finaux. La durée de la pose est calquée sur une durée d'effets et va donc de 2 à 6 secondes. Je ne fais pas de surimpression car je ne recherche pas d'effets artistiques. (Bien sûr, trépied obligatoire). A cause de la consommation des piles je conseille souvent un boîtier mécanique. J'ai un vieux 6x9 à soufflet que je vais utiliser cette année.
En résumé bien que les feux se passent la nuit ce sont des objets très fortement lumineux et donc vous aurez des diaph très fermés. Attention à ne pas poser trop trop longtemps. Petite astuce: généralement nous montons les tableaux et bombes par 4 ou sur des méches équipées de retards réglés entre 4 et 6 secondes suivant le calibre, donc si un effet vous plait sachez qu'il sera répété encore 3 ou 4 fois.
Didier Brunel.

Comment utiliser un film IR
En noir & blanc toutes les parties réfléchissant l'infra-rouge (végétation notamment) sont retranscrites en valeurs claires : photographier une forêt en été donne l'impression que nous sommes en.... hiver, le feuillage devenant blanc. En couleurs, suivant les filtres utilisés (IR, rouge, jaune...) les parties en IR pourront aller du rouge foncé au violet, les autres couleurs étant décalées. Avec un filtre rouge (disons un 25 - rouge primaire), l'infra rouge est rouge primaire, les autre couleurs allant du jaune au vert. (Contrib Dolphin)

C2 - Macrophotographie
Les tubes allonge
Qu'est ce que c'est ?
Accessoire qui se place entre le boitier et l'objectif, il permet d'augmenter le tirage entre les deux et par là, de permettre des grandissements supérieurs pour une utilisation en macrophoto d'un objectif non prévu pour cette utilisation, ou même pour accroître encore le grandissement d'un objectif macro.
Un tube allonge n'a pas d'autre fonction que celle ci, il ne comporte aucune lentille.

Calculs: Les calculs qui suivent s'entendent avec un objectif dont la bague de mise au point se trouve placée sur l'infini.
Grandissement obtenu avec ajout d'un tube allonge:
G = Grandissement, T = Tirage apporté par le tube allonge, F = Focale de l'objectif.

G = T / F

La distance de mise au point est donnée par l'expression suivante:
D = Distance de mise au point, G = Grandissement, F = Focale de l'objectif.
D = (1 + 1 / G) x F
Pour un réglage de la bague de mise au point différent, il faut tenir compte du tirage apporté par l'objectif. On calcule alors le tirage T' apporté par l'objectif avec D' = Distance de la bague de mise au point et F = Focale de l'objectif.
T' = (D' x F) / (D' - F)
On ajoute alors T' à T (Tt = Tirage total) et on applique la formule suivante:
G = (Tt - F) / F
La distance de mise au point est donnée par l'expression suivante:
D = Distance de mise au point, G = Grandissement, F = Focale de l'objectif.
D = (1 + 1 / G) x F

Exemple:
Soit un objectif de 100 mm de focale, réglé sur l'infini et une bague allonge de 20 mm, on a un grandissement de G = 20 / 100 = 0,2 et une distance de mise au point de D = (1 + 1 / 0,2) x 100 = 600 soit 60 cm.
Le même objectif de 100 mm de focale réglé sur 20 cm (200 mm), et avec le même tube allonge de 20 mm, on a un tirage de l'objectif de T' = (200 x 100) / (200 - 100) = 200 mm, et un tirage total de Tt = 200 + 20 = 220 mm. Le grandissement obtenu est alors de G = (220 - 100) / 100 = 1,2 et une distance de mise au point de D = (1 + 1 / 1,2) x 100 = 183,3 soit 18,3 cm .

Les bonnettes

Aussi nommée "lentille additionnelle" ou "lentille d'approche", utilisée essentiellement en macrophotographie, elle se fixe devant l'objectif et permet d'accroitre le grandissement de l'objectif par diminution de la distance focale de l'ensemble. C'est en fait une lentilles biconvexe ou un ménisque convergent serti sur une monture vissante adaptée au filetage avant de l'objectif. La qualité va du meilleur au pire.

Calculs:
Une lentille est caractérisée par sa puissance en dioptrie (P), c'est en fait l'inverse de la focale (F'):

P = 1 / F'
Les puissances en dioptrie s'additionnent, la puissance résultant de l'association d'un objectif et d'une lentille est égale à: Pt = Puissance résultante, P = Puissance de la lentille, F = Focale de l'objectif
Pt = P + 1 / F
Et la focale résultante (Fr)est alors égale à:
Fr = 1 / Pt
Distance de mise au point: Lorsque l'objectif est réglé sur l'infini, la distance de mise au point (D) est égale à la focale de la lentille (F')
D = F'
Lorsque l'objectif est réglé sur une distance différente (D'), la distance de mise au point (D) est donnée par l'expression suivante:
D = (F' x D') / (F' + D')
Le grandissement avec une lentille s'exprime de la façon suivante: G = Grandissement, D = Distance de mise au point, Fr = Focale résultante.
G = Fr / (D - Fr)

Exemple:
Soit un objectif de 50 mm de focale, et une lentille additionnelle d'une puissance de 4 dioptries.
La focale résultante sera de Fr = 1 / (4 + 1 / 0,05) = 0,0416 soit 42 mm. La distance de mise au point avec l'objectif reglé sur l'infini D = 1 / 4 = 0,25 soit 25 cm. Et le grandissement résultant de l'association est de G = 0,042 / (0,25 - 0,042) = 0,20.
Si la bague de mise au point est placée sur 50 cm, la distance de mise au point est de D = (0,25 x 0,50) / (0,25 + 0,50) = 0,166 soit 17 cm. Et le grandissement sera égal à G = 0,0416 / (0,166 - 0,0416) = 0,33.

La macro en inversant l'objectif ? Ca marche ?

Benoît Donnette nous confirme : Oui, ça marche. C'est meilleur avec des grands-angles fixes, le principe est de prendre l'objectif à l'envers pour permettre une distance objectif-film «d'» importante, au prix d'une distance lentille-sujet «d» faible (1/d + 1/d' = 1/f pour une lentille mince, ça reste assez bon dans notre cas).
Du coup c'est à éviter pour les insectes qui craignent les paparazzi (vous diriez quoi, vous, devant une lentille d'objectif 3 fois plus grosse que vous ?).

Pourquoi des objectifs spéciaux pour la macro ?

2 raisons (toujours d'après Benoît) :
- 1 commerciale : un objectif vendu "macro" peut se vendre + cher (il faut lui prévoir une MAP proche donc un fort tirage donc le surcoût est en plus justifié)
- 1 technique : les corrections optiques sont optimisées, sur les objectifs "normaux", pour des faibles grandissements (MAP à l'infini) et sur les objectifs "macro" pour les grandissements forts.
Corollaire du 2 : certains objectifs réellement macro sont moins bons que des objectifs "normaux" bien moins chers pour du portrait ou du paysage.

En outre on voit beaucoup d'objectifs macro dont la focale diminue quand la MAP diminue (objectifs à mise au point interne). Cela n'est pas uniquement négatif : on voit ainsi la perte de lumière liée aux grands agrandissements partiellement compensée. De nombreux objectifs macro 180mm f/3.5 ont, au rapport 1:1, la focale de 135mm et une ouverture relative de T/4.5 environ, alors qu'un "vrai" 180mm macro F/3.5 ouvrirait à T/7 à ce rapport.

Quel éclairage ?

C3 - photo sous-marine
Puis-je mettre mon F5 sous l'eau ? Ça marche encore ?
Les appareils étanches est-ce un argument publicitaire ?

Quels appareils étanches ?
Dans les news on a conseillé :
Pentax WR90, solution compact de bonne qualité contrairement à certaines idées reçues, voir essai dans CI de ce mois, cet appareil tient le haut du pavé depuis 6 ans. Attention, pas d'immersion profonde, c'est un baroudeur, pas un plongeur. J'en ai un qui ne me quitte pas comme second boîtier derrière un EOS50E.
Attention pour les compacts, le flash automatique peut-être plus un inconvénient qu'un avantage, notamment au niveau de l'illumination des particules. On m'a conseillé pour des photos en surfaces de masquer le flash.

Les caissons ça marche ? Et les sacs ?
Les caissons oui, mais c'est très cher. Donc pas très intéressant pour un usage occasionnel. Indispensable sinon. Les sacs ne posent pas de problème majeurs pour l'étanchéité, mais il semble que là où ça coince c'est que la pression colle le plastique sur l'appareil, et que dès lors la manipulation des commandes devient fort difficile. De plus ils ne sont pas donnés non plus.

Que penser des jetables étanches ?
C'est super pour photographier vos enfants à la plage. Sinon comme tous les jetables, pas de réglages, qualité entre pourri et pas si mal pour le prix.
Jusqu'à quelle profondeur peut-on photographier sans flash ?
Et comment utiliser un flash ?

C4 - reproduction
Comment faire une diapo à partir d'un film N&B ?
Avec un kit d'inversion. C'est le même principe que pour les diapositives couleurs.

Comment reproduire un tableau (ou une photo) ? C'est si compliqué ?
Denis Gadenne nous a livré ses secrets :

Pour une bonne reproduction avec deux sources de lumière :

1/ Les sources de lumières doivent être semblables et avoir la même
température de couleur que le film (même en négatif) sinon utiliser les
filtres de correction ( tout sur les filtres sur : le site de Dolphin
j'ai perdu son adresse )

2/ poser le document verticalement et placer l'appareil photo avec un
objectif avec une focale plutôt longue ( 85 mm 120 mm voir 200 mm pour du
24X36 ) à 1 ou deux centimètres du document afin que le centre de l'optique
soit pile poil au centre du tableau (sur l'intersection des diagonales),
puis reculer jusqu'à ce que le document soit plein cadre dans le viseur (se
souvenir que la plupart des viseurs ne voit que 95% de l'image réelle mais
les tireuses aussi), faire bien attention à ce que l'appareil soit placé de
façon bien perpendiculairement au document;

3/ choix des sources de lumière flash ou lampe à filament continue avec ou
non des parapluies ou réflecteurs (c'est en fonction de votre équipement).
Le plus simple (mais le plus cher) : 2 flashs de studio avec des lampes
pilote.

Placer le premier flash à une distance largement suffisante pour que sa
répartition de lumière couvre bien tout le document (commencer par le
document le plus grand si il y en à plusieurs).

Mettre ce flash au moins à 45° entre l'axe de l'objectif et le plan du
document cet angle doit être pris dans le cas d'une utilisation avec
parapluie non pas par rapport à la lampe mais par rapport à l'extrême bord
du parapluie (celui qui est le plus proche de l'objectif).

Pour être sûr de ne pas risquer d'avoir de reflets grâce aux lampes pilotes
le photographe peut se déplacer et regarder (à la même hauteur que
l'objectif) le document et essayer en bougeant de voir un reflet. Puis,
revenir vers l'appareil et le reflet doit ne plus être visible quand on est
au même niveau que l'objectif (c'est plus long à expliquer qu'a faire).

Placer le deuxième flash de l'autre côté de la même façon que le premier.

Réglage d'intensité avec un flashmètre : placer la cellule le milieu du
document et mesurer en lumière incidente d'abord avec un seul flash.
On a par exemple F8.
Puis on mesure avec la cellule sur le bord gauche (si le flash allumé est à
gauche) on peut avoir par exemple F 8+1/3 et on fait une mesure sur le bord
droit avec le même flash, on peut avoir F5.6 + 1/3.

Ensuite éteindre le flash de gauche et allumer celui de droite, mettre la
cellule au milieu du document et faire une mesure.
Si on obtient F 5.6 + 2/3 avancer légèrement le flash et si on obtient
F 8 + 1/3 et bien le reculer.
Puis mesurer en plaçant la cellule sur le bord gauche, on devraient avoir
F5.6+ 1/3 et sur le bord droit F8 + 1/3 sinon tourner le flash de 20° vers
la droite ou vers la gauche pour avoir cet écart de 1 Diaph puis avancer ou
reculer le flash pour obtenir F8 au centre comme le premier flash.

(Remarque : si les flashs sont dès le départ orientés vers les bords
extérieurs du documents cela facilite les réglages de la répartition de
lumière) Le flash de gauche vers le bord droit et celui de droite vers le
bord gauche.

Enfin allumer les deux flashs et mesurer au milieu et sur les 4 bords du
document en lumière incidente et on devraient avoir entre F 8 + 2/3 et F 11
et même F 11 partout à + ou - 1/10 éme de Diaph.

Régler le boîtier en manuel, la vitesse du boîtier sur la vitesse de
synchro généralement 1/125 éme et le Diaph à F 11 (dans le cas
d'utilisation de soufflet ou de bague allonges tenir compte du rapport de
distance.

Je reconnais que c'est un peu long mais cela peut servir a ceux qui
utiliserais des flashs sans lampe pilote et ils ainsi ont tout les éléments
pour régler les flashs et si vous n'avez pas de flashmètre celui-ci peut
être remplacé par un mètre.

Régler en manuel chaque flash sur la même intensité et tenir compte qu'avec
deux flash il faut fermer d'un Diaph l'objectif par rapport à leur réglages.

Si vous n'avez qu'un seul flash 3 solutions :

Le mettre assez loin à 45°( on peut faire plusieurs éclairs en Open-Flash )
mais l'éclairage ne sera pas parfait.

Ou le déplacer un fois à gauche puis avec un repère au sol et une lampe de
poche le mettre à droite en Open-Flash attention au risque de bouger.

Avec des lampes à filament corriger la température de couleur si nécessaire
placer l'appareil comme précédemment.

Pour ceux qui n'ont pas de cellule à main : Allumer les deux lampes placées
à 45° par rapport au document et sur le document vous placez un crayon
perpendiculairement au centre du document, vers l'objectif. Avancer ou
reculer une des 2 lampes pour que les ombres portées du crayon aient la même
densité visuellement.

Si vous voulez utiliser la lumière du soleil placer le document en plein
soleil à cause de la température de couleur, régler l'angle entre l'axe du
soleil et l'axe optique pour ne pas avoir de reflet (chercher le reflet
visuellement en se déplaçant puis tourner le document et l'appareil pour que
celui-ci ne se voie plus. Mais attention le soleil chauffe et peut gondoler
et déformer le précieux tableau.

Précaution : si le document est monté sous verre avec un bon réglage vous
n'aurez pas de reflet mais vous risquez de vous voir dedans ou tout au
moins l'appareil photo : travailler avec les lumières ambiantes éteintes
placer des caches entre les sources de lumières et l'appareil photo pour que
celui-ci ne soit pas éclairé par les lampes au besoin mettre un drap noir
sur l'appareil et pour soit même des vêtements sombre ou utiliser un chambre
photographique avec un décentrement latéral.

Bien je conseille fortement de placer des gammes de contrôles ce qui
facilitera le travail du labo pour les tirages.
Et aussi si votre document est très sombre sur-exposer de 1/2 voir 1 Diaph
et s'il est très blanc sous-exposer de 1/3 voir 1/2 Diaph.

Et dans tous les cas de documents sombre ou clair, ne jamais utiliser la mesure
automatique de votre boîtier mais le régler sur un gris à 18% ou sinon sur
image-type "moyen paysage classique" par exemple, et reporter ces mesures en
mode manuel.
Photographier un écran (de TV ou d'ordinateur), comment, quel film ?

C5 - Zone system
Qui est Ansel Adams ?
The photographe américain. Il se situe dans la grande tradition des paysagiste américains (genre les grands espaces grandioses). Il est important pour 3 bouquins : "The camera", "The negative", "The print". Qui définissent une façon rationnelle de faire des photos. Il a codifié le Zone System.

C'est quoi le zone system ?
C'est un principe photographique simple : le but d'une photo c'est de produire sur un tirage ce qu'on veut.
Le zone system est un moyen d'y arriver.
On commence par "prévisualiser", en gros imaginer ce que sera le résultat : normal si on sait pas où on va, on a du mal à y aller.
Ensuite il y a l'étalonnage : si on veut que la photo sorte bien, il faut avoir une chaine de traitement prévisible. On ne peut faire confiance aux docs, car tous les éléments en comptes - y compris celui qui agite les cuves - font varier les résultats.
Bon après commence l'amusement : on considère qu'une scène que l'on voit peut se diviser en 10 zones, chacune correspondant à deux fois plus de lumière que la précédente. La zone médiane dite zone 5 est le gris moyen, ce fameux gris 18%.
Le gag de la photo c'est que in fine, le papier lui il n'encaisse pas ces 10 zones, 4 ou 5 au grand maximum. Donc le but du jeu c'est de faire rentrer ce qu'on veut dans les 5 zones. On peut faire varier deux choses : d'abord le contraste qui va permettre soit de tasser les zones soit de les étaler. Ensuite l'exposition, qui permet de déplacer les zones : en gros si on photographie un truc zone 5 en surexposant de un diaph on l'aura à la fin en zone 4. Alors pour faire varier le contraste, au niveau du négatif il y a un moyen très simple : on sous-expose et on sur-developpe. Pour le faire baisser le contraire. Avec une latitude en gros de +/- 2 diaph. L'étalonnage permet de bien caler ses temps de sur/sous exposition et developpement afin d'obtenir l'effet voulu.

Et voilà c'est tout.
Enfin non.

Maintenant exercice : prenez une scène dont les gris se trimbalent entre 2 et 5, calculez la sur/sous exposition et le sur/sous développement pour caser ça dans les zones 3-7. Amusant non ??
Alors des petits malins évidemment ont pris les écrits de Ansel pour la bible, et on a des fondamentalistes du zone system, qui en général passent plus de temps à étalonner leur matos qu'à faire des photos.

Peut-on appliquer le zone system au 35mm ?
Le zone system a été mis au point pour des développement individuels de négatif : en effet le sur/sous développement dépend de chaque scène photographiée, et donc chaque vue est sensée avoir un développement différent. Non, on ne peut pas couper le film 35mm en 37 vues avant de l'avoir developpé. Les solutions envisagées : soit on se trimbale avec 5 boitiers (genre expositions -2 -1 0 +1 +2), soit on change de pelloche, soit on oublie la partie variation de contraste et on ne garde que le coup du déplacement. Il faut voir qu'on a actuellement des films dont la partie plane de la courbe de sensitométrie est beaucoup plus étendue que ceux de 1940, bref les films encaissent des latitudes d'exposition beaucoup plus grandes, et on a moins besoin de tasser le contraste à la prise de vue - évidemment le tirage n'en sera que plus amusant.

Peut-on adapter le zone system à la couleur ?
Ben théoriquement oui, sauf que.. avec des développement modifiés on a tendance à avoir des différences de développement des différentes couleurs, et donc des dérives de couleurs. De toutes façons les films "amateur" actuels encaissent des dérives d'expo assez impressionnantes donc le problème est franchement moins crucial.

C6 - Photo de concert.
Comment photographier un concert ?
Benoît Friry nous écrit :

Le principal problème est qu'il faut souvent éviter d'utiliser le flash. Pour exposer correctement, il faudra donc avoir une pellicule assez sensible (du 800 ASA par exemple) et autant que possible un objectif lumineux (35/2 et 85/1.8 par exemple en focales fixes). Se rappeler qu'au dessous de 1/60ème de seconde, ça risque de bouger !

L'exposition pourra se faire en mesure "spot", afin que l'appareil ne tente pas d'exposer correctement le fond de la scène au lieu de l'artiste. Utiliser la mémorisation d'exposition si elle existe pour régler le cadrage sans perdre la mesure. Si l'appareil ne propose pas ces fonctions, essayer de sous-exposer la photo, pour que la mesure tienne compte que 80% de l'image est composée d'un fond sombre qu'il ne faut pas ramener en gris 18%.

À grande ouverture, la mise au point doit être précise : il faut déclencher rapidement après celle-ci, avant que le sujet n'ait eu le temps de bouger. Faire attention à la lampe d'assistance d'AF. Certains boîtiers ne permettent pas de la débrayer, ce qui peut être inopportun. De toute façon, elle est inutile si on trouve loin du sujet. Dans ce cas, le passage en mise-au-point manuelle peut être souhaitable.

Si cela est possible, repérer les lieux est bien-sûr utile pour prévoir les cadrages sympas. On sait par exemple que le chanteur risque de passer de temps en temps devant le micro et que le guitariste reviendra au niveau de ses pédales d'effet.

Pour optimiser ses chances, une petite torche (qu'on peut tenir entre les lèvres) peut être utile pour changer d'objectif ou de pellicule en voyant ce qu'on fait. Et puis aussi des bouchons d'oreille, histoire de pouvoir rester devant la colonne d'enceintes le temps de cadrer sans devenir sourd.

Le trépied n'est pas nécessaire, et serait même plutôt gênant suivant les conditions.

Il peut être envisagé de louer du matériel si le sien ne convient pas (objectifs plus lumineux). Attention à maîtriser un minimum le matériel avant de se lancer.

Pour le tirage, il peut être judicieux de s'orienter vers des labos afin d'une part de ne pas gâcher les pellicules avec un développement médiocre, et d'autre part de pouvoir demander des planches contact et ne pas payer le tirage des photos ratés (car il y en aura ! ;).

Dernier point : se renseigner sur les droits... On ne peut pas tout prendre en photo...

C7 - Pousser un film, pourquoi ?

Exemple concret du "pourquoi et comment pousser un film" (Pierre, dans frp) :

Une star (ta préférée) te propose subitement de poser pour toi, là, ici, 
dans la première chambre d'hôtel venue. Pourquoi, t'en sais rien. Mais
tu sais que la chance est avec toi car justement tu as ton appareil
photo sur toi. Mais...

Manque de bol tout de même, l'éclairage est minable dans la chambre, et
tu n'as que de la 100 ISO dans ton boîtier et ton fourre-tout.
Tu ne vas pas risquer de décevoir la belle en allant acheter de la 400
en bas de la rue, donc tu vas utiliser ta 100 ISO, en considérant que
c'est de la 400.

Pour ce faire, tu vas mettre sur le boîtier le réglage d'ISO sur manuel,
valeur 400 ISO. Tu récupères donc deux vitesses (ton 1/15 ème de seconde
en 100 ISO se transforme en 1/60 ème avec une 400, à diaphragme
équivalent).

En toute logique, donc, tu vas sous-exposer ton film de deux valeurs.
Car ton film est et reste à 100 ISO, lui.
Donc il va falloir le surdévelopper pour qu'il daigne donner une image à
peu près potable.
Donc on va le "pousser".

Toi aussi, tu vas pousser... un soupir de soulagement car grâce à cette
technique tu auras sauvé une situation qui au départ n'était pas
reluisante...
Bon, faut relativiser, ça ne fait pas de miracle. Mais, si on est prêt à
sacrifier une partie de la qualité de l'image, on peut utiliser cette
méthode sans problème.
Bien sûr, ça fonctionne en N&B, car on fait le traitement soi-même.
En couleur ça fonctionne aussi, mais c'est plus délicat car il faut
passer par un labo qui ne fait pas que du "standard". Et donc c'est plus
cher.

C8 - La photo de nuit.

Benoît nous offre cette judicieuse compilation tirée d'un thread de frp...

Matériel conseillé :
--------------------
- trépied + déclencheur souple (pose B ou vitesse lente)
- objectif lumineux (eg 50 f/1.8)
- pelloche sensible (eg Supéria 800 ou 1600, HP5+ poussée, Delta3200)
- le N&B est plutôt plus facile
- TMAX 100 et Acros sont peu sensibles à l'effet Schwartzchild (cf
chapitre A4).

Comme indiqué, c'est "conseillé", mais absolument pas indispensable.
L'intérêt du trépied est de pouvoir prendre n'importe quelle pellicule à n'importe quelle
vitesse, mais un objectif lumineux avec une pelloche sensible peut suffire.
Le trépied peut également être remplacé par n'importe quel appui (rambarde, lampadaire, sol,
mur...).

Conseils techniques :
---------------------
- faire plusieurs essais (bracketing). Par exemple une photo de 4 secondes,
une de 8 secondes, et une de 16 secondes.
- pour la mesure de lumière, faire attention de ne pas se faire aveugler par un
lampadaire. Préférer faire la mesure sur un mur (ni trop clair, ni trop sombre).
- avec des temps de poses de l'ordre de la dizaine de secondes, on n'est plus à
quelques secondes près. Si on veut continuer d'augmenter la durée d'exposition,
passer à la vingtaine de secondes.
- pour les flous de bougé, on prend souvent comme seuil la vitesse inverse de la
focale (eg pour un 50mm, les risques sont accrus au-delà du 1/50ème de seconde).
Ce n'est pas une règle ! Certains feront des photos nette au 1/8ème de secondes,
d'autres ne descendront pas au-dessous du 1/60ème. L'inertie du matériel (poids)
compte aussi, sans parler des objectifs à stabilisation.
- éviter de commencer une pellicule par une photo de nuit : les tireuses auraient
du mal à trouver le bord.
- le flash est à éviter sauf en exposition composite (lumière naturelle et
éclaircissement du sujet).
- un filtre bleu permet de limiter la couleur orange de certains éclairages nocturnes.
- un ou plusieurs filtres toiles, peuvent donner un peu de punch à la photo et
permettent aussi, si un éclairage un peu trop puissant est dans le cadre ou proche
du cadre vers le premier plan, de ne pas avoir une grosse tâche blanche qui vient
gâter quelque peu la composition de la photo.
- avec quelques secondes de poses, les passants apparaissent sous forme de fantômes ;
au-delà, ils sont invisibles.
- expositions "caractéristiques" :
- pour une rue pas trop claire : à 400asa, f/16, 30 secondes ;
- place éclairée : à 100asa, f/5.6, 8 secondes.

Conseils artistiques :
----------------------
- on obtient souvent des photos sympas après une bonne pluie.
- fermer le diaphragme permet d'avoir des petites diffractions sur les sources
lumineuses.
- les traînées lumineuses sont souvent esthétiques. On peut figer un mouvement
avec un coup de flash (cf synchro 2ème rideau, chapitre B6).
Attention de ne pas éblouir les automobilistes ! Une pose de 30 secondes semble bien
appropriée (adapter l'ouverture). Plus l'ouverture sera petite, plus les traînées
seront fines (idem pour le halo des lampadaires), plus l'ouverture sera grande, plus
les traînées seront paisses (idem pour le halo des lampadaires).
- si on n'aime pas les traînées, on peut recouvrir un morceau de carton avec de la
feutrine noire et s'en servir pour cacher l'objectif (sans contact pour éviter les
vibrations) lors du passage d'un indésirable dans le champ photographié (modifier
éventuellement le temps de pose en conséquence).
- faire attention de bien remplir le cadre avec ce qui est vraiment clair, sinon on
aura une photo toute noire avec quelques pauvres lumières perdues sur l'image.
- les plus belles photos se font souvent (pas toujours !) au crépuscule ou à l'aube
quand le ciel n'est pas encore noir mais bleu profond. Le problème de l'aube, c'est
que les éclairages des monuments sont souvent éteints. Dans les grandes villes, le
halo lumineux général est tellement important qu'on peut faire des clichés sympas
toute la nuit (mais on oublie le bleu profond pour un orange profond).

(Adaptation du fil du 3 septembre 2002 sur frp, « comment faire de la photo de nuit? ».
Remerciement spécial à Catherine.)

C9 - Photographier un nouveau-né.

Benoît nous conseille :

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